21 septembre 2008
Calgary - Après l'autobus # 57
Un été pas mal hot. Cultivant et rafraîchissant. Intense aussi, en émotions comme en sensations.
29 avril 08, mardi
Après une bonne nuit de sommeil de 23 h 00 à 9 h 00, Émilie et moi prenons l'autobus # 57, qui part de l'aéroport et qui nous mène, bah, plus loin.
Direction Hostelling International, notre auberge jeunesse. Un gentil Chinois, à notre sortie un peu hasardeuse de l'autobus, nous informe du chemin pour prendre le C-Train afin de se rendre à notre futur logis. Le monde est solidaire, en Alberta!
En attendant le train, une dame vient nous parler. Gentille, mais on se méfie. Il faut dire qu'on ne passe pas inaperçues, loin de là, si l'on se fie à notre backpack aussi gros que nous et au drapeau du Québec accrocher dessus. La fille a des lunettes de vue pareilles aux miennes. C'est weird. Il fallait bien que j'aille à l'autre bout du pays pour voir ça. J'aurais le goût de lui dire, en la regardant, "Hey! That's mine! Give me my glasses!"
Dans le C-Train, un vieux dégueux nous spot à l'os. Les cheveux longs noirs, les mains crassées. Il semble s'être lavé les mains dans l'huile à moteur. Hop! Un petit clin d'oeil et puis : "You can come with me if you don't know where to go" ("I'm not fuckin' sure, men!") Sonnez le prochain arrêt, s'il vous plaît.
Au bon arrêt, on débarque du train, avec la madame-gentille qui nous aide. "The hostel is there. Take care guys, and don't go there and there, cause it's dangerous." Shit. On est dans le boute du trouble incarné. Meman, vient me charcher. On a même une confirmation live d'un gars hors-contexte qui passe à nos côtés dans la rue : "Don't be outside after 9 pm!" Euuhhh... Est-ce que je m'étais acheté un billet d'avion aller-retour, moi?
Arrivées à l'auberge, on rencontre quelques personnes. Deux Québécois, beaucoup de Chinois. Plein de gens sympa. Tout excitées, on s'en va faire la seule activité de Calgary à ce temps-ci de l'année, soit aller dans la tour d'observation. Rien à se mettre sous la dent, on visite ensuite l'épicerie du coin, qui est en fait un dépanneur crosseur. Mes achats culinaires pas gastronomiques pour deux cennes m'auront coûté 18 $ pour 1 jour. Wow. Vivement le prix de la bouffe du Québec. Au menu ce soir? Une soupe en ca-canne, une tranche de pain pas de beurre et du concombre salé et poivré.
En soirée
On ne sait pas trop si c'est dans sa culture ou si le gars est juste un peu louche, mais un Chinois se masse les joues avec un bidule. Sans arrêt. Il est assis dans le salon commun, nous sommes en groupe, et lui se masse les joues. On a enfin su qu'il voulait amincir son visage... Est-ce que ça marche vraiment? Je ne sais pas.
Plus tard
La question qui TUE : "Djô, about your Chinese sign in your neck...?" Moi de capoter intérieurement, en me disant ça y est, mon nouvel ami chinois Norton va me dire que mon signe chinois que j'ai de tatoué dans la nuque veut dire soit pornographie, imprimante, puanteur, ongles ou encore trisomique.
- Is it Dream?
- Yesss! It is!!!
:D
Nanane pour le moral
Ça fait du bien de penser que dans quelques mois, quelque chose de hot m'attend sûrement, sans trop pouvoir mettre le grappin sur cette dite chose. Ah, l'imprévu.
Je suis revenue de voyage le 8 août. Et j'étais partie, loin, le 29 avril. J'ai pris goût à la liberté, à la simplicité. J'ai apprécié vivre avec un backpack, that's it that's all. Pas d'appart', pas de comptes à payer, pas d'attache. Pas de responsabilités.
La performance à tout prix me pue au nez, là là, pour l'instant... Le moment présent me manque. La vie qui coule sans force.
Dormir où je veux, comme dans un aéroport, seulement pour sauver des sous.
Monter une montagne dans les Rocheuses, m'asseoir sur une roche et écouter de la musique. Pour par la suite associer la musique au moment vécu.
Faire du pouce aisément, sans me préoccuper de la direction. Nord ou sud.
- Bretter dans le gazon à Seattle, arracher quelques pousses vertes. Regarder autour de moi ce que je vois, juste assimiler, ou encore me fermer les yeux et me dire "Fuck que j'ai pas hâte de revenir au Québec".
Dormir dans une tente, à Kelowna, et avoir la nature comme réveil-matin... Il fait chaud que le cr*ss à 7 h 30 du mat, quand le soleil se lève.
La nature est saine. Elle nous veut libre, aussi. Dès décembre, dès les vacances d'école, je ferai mon backpack pour aller me ressourcer... afin de poursuivre, ensuite, ma route dans le monde stressé et déconnecté de la pureté.

