Lil'Joa sans col roulé

Je m'amuse, je procrastine, j'écris sur tout et rien, mais encore plus sur rien... Les voyages, les petits détails du quotidien, la bouffe, la culture, les souvenirs... bref, les trucs qui m'intéressent apparaîtront dans mon blogue décolleté.

17 septembre 2008

Besoin de chaleur

Elle le tourne vers la droite, et l'autre aussi. Puis celui du milieu. Les jets chauds claquent dans le fond du bain tout propre. Ils massent et activent le corps endormi, lequel se réveille sous l'eau qui tombe sans délicatesse. L'odeur du savon en gel aux baies des champs occupe le petit espace intime et humide. Les muscles se réchauffent, les poumons et l'odorat sont soumis à une nouveauté odorante.

Elle le tourne vers la gauche, et l'autre aussi. Puis celui du milieu. Les anneaux de métal frottent rapidement le pôle, lui aussi métallique. Elle ne se souvenait plus de la déception de sortir d'une douche chaude alors que le froid vit dans la pièce. L'automne arrive, la salle de bains le sait!

La mâchoire ne ment pas, il fait froid. La chair de poule est partout sur elle, partout partout. Vite une serviette, vite des vêtements, vite de la chaleur. Et que l'été revienne au plus vite!

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08 septembre 2008

Nuit odorante

Digne d'une chambre d'adolescente en crise, ou peut-être juste un peu mêlée, elle rend visibles quelques vêtements cachant le sol humide. Une montagne de livres des genres Pennac et Germain cohabitent sur le bureau de travail avec, encore une fois, quelques t-shirts et strings. Il y a une odeur de bordel dans l'air. De perte de contrôle. Du côté de la maquilleuse, la brume Désir sort involontairement de la bouteille rose format économique. En face, de l'autre côté de la pièce, le bureau de bois ancestral sent fort l'ébénisterie; plutôt désagréable. Les portes ouvertes de la garde-robe présentent les tissus multicolores, supportés par le pôle prêt à foutre le camp d'un instant à l'autre. Trop de pression. La garde-robe, c'est la fraîcheur. Une odeur de propreté, ou de nouveauté. L'abus de possession, pour plaire. Au milieu de la pièce chargée : le lit. Un grand lit pour un accueil plus invitant.

Ça bouge et ça craque. Le bois du lit travaille sous la pression, mais il survivra. Après quelques heures allongés, les draps noirs seront imprégnés d'une odeur...

D'une odeur d'impureté regrettable. Il faut laver les couvertes, oublier la nuit passée, effacer toute trace d'actions en duel. Repenser aux images plus ou moins claires en les associant à des rêves. Ne pas assumer. Faire le ménage.

D'une odeur de plaisir jouissif, folle à rendre fou, à en perdre les pédales, à vouloir rendre la chambre à coucher d'un bordel plus excitant. L'odeur est celle de l'union, du laisser-aller, de la performance, du savoir. Ça sent l'assurance qui fait peur.

D'une odeur, comment dire, ambiante. Une odeur sans raison d'être, exceptée celle de la nature. Les draps portent la senteur de deux corps chauds endormis. Mais un des corps est plus froid, beaucoup plus. Figé, sans raison apparente comme l'odeur ambiante. Le corps froid a peur de mourir gelé. Il appelle la peur, celle de l'Assurance. Pour aussi donner raison à ce qui l'entoure, comme les odeurs et le bordel.

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29 août 2008

De la neige, été comme hiver

La télévision s'ouvre, c'est moi qui l'ai ouverte. Il y a de la neige. Pas des flocons, pas de la belle neige blanche, froide, rafraîchissante comme lorsqu'on sort du chalet chauffé au bois. Il y a les flocons gris, ceux d'une télévision qui agresse. Une télévision fâchée de ne pas être à un canal. Même si ça avait été la Télévision Quatre-Saisons, ça aurait été O.K. Mais pas le channel 2. Le 2, c'est de la neige.

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15 mars 2008

Vent du désert

Marche dans le sable.

Ses oreilles sillent, n’entendent plus rien

Suivent le vent du désert

Dune, trace, grain.

Tout petits sont ses yeux verts, tout en regardant vers le vert

Observent le désert qui fait du vent

Maison, fauteuil, relaxation.

Un bruit moderne, urbain, humain

Trop mouvementé pour un vent chaud

Trop mouvementé pour une photo.

M_lo_flou_2

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Le pâle qui stresse

Les plages sont belles.  Sont mousseuses, chaleureuses.  Sont légères et violentes.  Comme le vent qui flatte, mais qui fesse.  Mimi devait passer me chercher ce soir.  Je n’ai pas eu de réponse d’elle à l’autre bout du fil quand je l’ai téléphonée, alors j’ai raccroché. J’ai continué ma lessive.  Puis après, je suis allée voir le sable.

J’y suis.

Ma brassée est toujours sur la corde à linge, d’ailleurs.  C’était du pâle.  Du pâle supincealinger la corde à linge, ça me stresse.  Souvent, les empreintes du bois des épingles restent sur le vêtement.  Finalement, il peut parfois être plus sale qu’avant sa trempette dans l’eau.  Ça me fait chier, laver un morceau pour rien, le laver deux fois.

Sacrée Mimi.  Elle me fait chier, elle aussi.  Jamais à l’heure.  Elle court les boutiques, mille sacs dans les bras, d’un bord puis de l’autre, à gauche, puis à droite, sans se lasser, sans jamais, oh grand jamais, se lasser et ne se lassera jamais de sa vie, elle aime trop ça, elle est trop riche.  Elle me fait chier.  Elle me fait chier.  Vraiment, c’est vrai.  Elle a toujours trop de sacs aux bras.  Et moi j'emploie toujours trop d’adverbes.

On était supposées aller faire les boutiques, nous deux.  Mais plutôt, je stresse pour ma brassée de blanc.

http://cliketclak.skynetblogs.be/post/5036600/-pinces-a-linge

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21 février 2008

L'histoire de la pilote-hôtesse

Deux étudiantes prévoient un voyage dans l'Ouest de leur pays.

Banff - Toffino - Vancouver - Kelowna. Un dimanche soir, lorsqu'elles avaient sagement prévu de baigner dans les mille types de subordonnées, elles ont plutôt fait quelques escales sur des sites Internet afin de déterminer un itinéraire convenable pour leur périple. Et c'est ce que ça a donné : Banff - Toffino - Vancouver - Kelowna.

Est venu le temps - ou l'empressement, c'est un terme plus juste - de choisir un moyen de transport. Le train? Oh! excellente idée, si le but est de se ruiner. Tout le monde a 750 piasses à flamber pour entendre tchou tchou pendant 3 jours. L'autobus? La plus vieille des deux l'a déjà pris pour se rendre dans l'Ouest.

- Traverser le Canada en bus, c'est vraiment un trip à vivre. Mais tu le feras sans moi, a-t-elle répondu à la plus jeune.

- ohh. Euh, ok, lui a rétorqué avec tant de tact la plus jeune.

L'avion? C'est un peu plus cher que l'autobus. Mais moins chiant. Et moins propice à l'encroûtement des corps.

Dilemme. Et pourquoi pas s'y rendre en cessna?


La plus jeune, croyant en ses capacités de pilotage de cessna, convainc la plus vieille de l'accompagner. Casque de pilote enfoncé jusqu'aux sourcils, barniques dont la largeur et l'épaisseur intense font peur, et gants de cuir antidérapants sur le guidon, tout est matériellement propice à un bon vol (on met ici l'accent sur l'adverbe « matériellement »). Derrière Pilote-La-Plus-Jeune se trouve l'Autre, attachée jusqu'aux dents, les yeux ronds comme des deux piasses. Un peu nerveuse, mais tout de même baveuse : « Les oiseaux vont voler plus rapidement que toé! » ou encore : « J'irais plus vite que toé si j'y allais en becycle! »

Un cessna, y'a rien d'impressionnant. Au moins, l'équipage offre un service : « bouffe incluse ». Il est disponible après le décollage.

Pilote-La-Plus-Jeune n'a pas besoin de convaincre l'Autre de s'attacher pour cause de turbulences. C'est déjà fait. Elle n'est pas une cliente trop difficile, celle-là.

Décollage réussi. Ohh, un oiseau par la fenêtre! Il dépasse par la gauche.

La pilote est multidisciplinaire. Étudiante à ses heures, elle s'improvise aussi pilote professionnelle et hôtesse de l'air. Pas question d'enlever ses deux mains du guidon, par exemple. D'un coup d'oeil vers l'arrière, le sourire crispé depuis déjà une dizaine d'heures, Pilote-La-Plus-Jeune propose à la plus vieille un muffin All-Bran et figues séchées. Sans attendre de réponse positive à son offre alléchante, la pilote-hôtesse ouvre le coffre à gant du cessna et prend ledit muffin.

Paf! D'un lancé digne d'une joueuse de baseball, Lil' pilote propulse la trop géniale collation à son amie crispée.

- UN JUS, AVEC ÇA??????????

- Oui. (Réponse déduite par la plus jeune grâce à une lecture sur les lèvres.)

Paf! D'un lancé digne d'une joueuse de baseball, bla bla bla...

Le temps passe, et il n'y a plus de muffins. Heureusement, se dit l'Autre.

L'aterrissage est réussi. Heureusement, se dit l'Autre.

L'avion aurait été une meilleure solution : beaucoup moins d'heures de vol, donc pas d'encroûtement. Et peut-être y aurait-il eu une collation plus appétissante... L'avion, ce sera pour une prochaine fois!

Posté par Liljo à 19:46 - Création comme ça - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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